Pourquoi  nous appliquerons l’encadrement des loyers, notre première proposition pour Villejuif
chantier de construction à Villejuif à l'angle Paul Vaillant -Couturier et Nationale 7

La liste « Ensemble pour Villejuif Écologique et Solidaire» propose de mettre en œuvre des politiques municipales permettant de lutter contre la ville chère afin que tous les Villejuifois.es, quels que soient leurs revenus, puissent continuer à y vivre. La première des 125 mesures de son programme, présenté ce mercredi soir à 20 heures à l’Espace congrès les Esselières en présence des candidates et candidats, propose ainsi l’encadrement des loyers.

C’est une mesure de lutte contre la flambée des loyers dans les zones de forte distorsion entre l’offre et la demande locative. Bon nombre de Villejuifois.es, que ce soit dans les assemblées citoyennes ou les rencontres de quartier où s’est construit ce programme, nous ont dit qu’ils.elles n’en pouvaient plus des loyers chers.

L’encadrement des loyers, du moins son expérimentation sur 5 ans, au plus, c’est de nouveau possible grâce à l’une des très rares bonnes dispositions de la loi ELAN, adoptée au printemps 2018. Il a d’ailleurs été remis en place à Paris depuis le 1er juillet dernier, sous l’impulsion de Ian Brossat, adjoint au logement d’Anne Hidalgo. Il devrait aussi devenir prochainement effectif dans la plupart des villes qui environnent Villejuif, à la suite du dossier de candidature déposé par le Territoire Grand-Orly Seine Bièvre (GOSB) au ministère de la transition écologique et solidaire pour son expérimentation sur un périmètre défini. Celui-ci englobe 10 villes, dont Le Kremlin-Bicêtre, Gentilly, Ivry, Vitry, Chevilly-Larue, Cachan… Mais on n’y retrouve pas Villejuif, bien que le Conseil municipal de notre ville ait adopté en juin 2019, sur proposition de l’opposition municipale d’ailleurs, un vœu en ce sens !

Le maire de droite Franck Le Bohellec s’est refusé à donner suite à ce vœu. Lui et sa majorité municipale n’ont, en effet, jamais caché leur hostilité à ce dispositif. Il contrarierait trop les intérêts spéculatifs des promoteurs immobiliers auxquels ils ont permis de faire main basse sur notre ville, y compris en bradant une grande partie du patrimoine foncier communal.

Les Villejuifois.es, dont 63 % sont locataires, ont pourtant bien besoin de l’encadrement des loyers, plus particulièrement (mais pas seulement) les nouveaux arrivants dans notre ville qui souscrivent des baux de location forts élevés, jusqu’à 26 € le m² dans les quartiers nord (source: seloger.com), les plus recherchés avec celui du centre. Les quittances ne cessent, en effet, de flamber dans le locatif privé. L’une des principales causes de cette situation, c’est l’insuffisance de l’offre de logements sociaux pour faire face à l’urgence de la demande – 4 000 demandes de logement HLM sont recensées à Villejuif – qui oblige les familles à consacrer parfois près de 50% de leurs revenus pour trouver un toit dans le privé.

La spéculation immobilière en est une autre cause. Les promoteurs promettent un rendement de l’investissement locatif de 5 à 8 % (source: seloger.com), à comparer avec le rendement du livret A réduit à 0,50% depuis le 1er février… Pour attirer les investisseurs, ils mettent en avant dans leurs pubs l’arrivée prochaine de deux nouvelles lignes de métro à Villejuif, bientôt la ville la mieux desservie en transports en commun d’Île-de-France, après Paris. Et l’une de celles où l’on peut donc faire de très bonnes, voire d’excellentes «affaires» pour peu que l’on ait suffisamment d’argent pour devenir rentier, comme l’avoue ainsi crûment le site «ouinvestir.net »: « Avec une évolution du prix du m² de 941,02% entre 2014 et 2018 pour la ville de Villejuif avec l’achat d’une maison 3 pièces, il peut être très intéressant de ne pas regarder que la rentabilité locative immédiate et d’investir à Villejuif dans le but de réaliser une excellente plus-value immobilière. »

C’est ainsi qu’il n’est pas rare de trouver actuellement, via les petites annonces numériques, un studio de 14 m² à 615 € de loyer ou un 2 pièces de 44 m² à 1 000 € ! Quel est l’étudiant ou le jeune couple de salariés débutant dans la vie professionnelle qui peut se permettre de tels tarifs mensuels ?

Sans entrer dans le détail de son expérimentation, basée sur des critères complexes, la mise en œuvre de l’encadrement des loyers par Pierre Garzon et la liste « Ensemble pour Villejuif », dès leur élection en mars prochain, aura de sérieux effets bénéfiques pour les locataires, même si elle ne réglera certes pas tout en matière de pouvoir de vivre. « Cette mesure ne fait que gommer les excès les plus scandaleux de la fièvre locative, tout en redonnant un peu de pouvoir d’achat aux locataires », expliquait ainsi récemment Ian Brossat.

A Berlin, où un projet de loi de gel des loyers annoncé il y a sept mois par la mairie vient d’être ratifié, cette mesure a déjà des retombées encore plus positives, d’autant qu’elle est rétroactive à compter de la mi-juin 2019. Il est vrai qu’elle est plus radicale – interdiction de toute augmentation supérieure à l’inflation pour une durée de cinq ans sous peine d’amende allant jusqu’à 500 000 euros !- que l’expérimentation d’encadrement autorisé par la loi ELAN. Le Monde de l’Economie, dans sa dernière édition, relève ainsi qu’après plusieurs années de hausse effrénée des loyers, une baisse de 1,2% a même été constatée dans les nouveaux baux signés au 4e trimestre 2019…

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