HENRI KOCHMAN : mettre fin au décervelage culturel

Pourquoi, pour lui, c’est «Ensemble pour Villejuif».

Peut-on encore présenter en quelques phrases Henri Kochman ? Ouvrier du cuir à 17 ans, pris de passion pour le théâtre au cours d’une improbable rencontre avec la culture, il fut pendant près de 20 ans directeur du théâtre Romain-Rolland de Villejuif, jusqu’au début des années 2000. Il y était entré en 1967, peu après à sa création, comme comédien et animateur de la vie culturelle de notre ville. Vie culturelle qu’il observe toujours aujourd’hui de son regard lucide.

«En tant qu’homme de culture, je sais combien les communistes ont œuvré à l’ouverture de la culture au plus grand nombre. C’est dans leur histoire, ici comme ailleurs. Le théâtre Romain-Rolland, inauguré par Elsa Triolet et Louis Aragon en 1964, était déjà en 1936 dans le carton des projets de Paul Vaillant-Couturier, alors maire de notre ville. C’était l’époque du Front Populaire avec, en autres, ce questionnement: comment faire pour que la culture puisse contribuer à la formation de citoyens émancipés. La réponse s’est développée au fil des décennies avec l’action culturelle diversifiée mise en place à Villejuif par les municipalités de gauche à direction communiste qui s’y sont succédé jusqu’en 2014.

Et ceci explique peut-être cela: l’arrivée d’un maire de droite, porté par une alliance hors nature, n’a pas fondamentalement bouleversé la politique culturelle, comme il l’a fait, par exemple, dans le domaine des politiques sociale ou pour le logement. Il n’a pas pu entamer l’enracinement de notre ville dans la culture, sous toutes ses formes. La remise en cause des actions du théâtre Romain-Rolland, des Maison pour Tous Gérard Philippe et Vallès, de la Médiathèque aurait eu trop de retentissement, tant il y a eu de batailles de longue haleine pour obtenir de l’Etat les moyens nécessaires à leur existence.

Cela dit, le maire actuel entretient la confusion entre la culture et son objet marchand, promouvant de pâles copies de ce que l’on peut voir à la télé sur TF1 ou M6. C’est une manière de décervelage, loin du rôle de ce qu’est réellement la culture pour essayer de comprendre le monde, de former des citoyens. Or la culture sous toutes ses formes ce n’est pas une marchandise comme les autres, même s’il y a des médias – le livre, le cinéma, le CD… – qui sont des marchandises.

La liste « Ensemble pour Villejuif », elle, où l’on retrouve des communistes, fait cette différenciation entre l’objet culturel et l’objet marchand, s’oppose à la tendance à la marchandisation de la culture portée par le capitalisme. J’attends d’elle, par exemple, qu’elle remette en place des compagnies de théâtre, qui ont disparu, qu’elle accorde une grande place à la création, tant pour le spectacle vivant que pour les arts plastiques. Et, cela va sans dire, que la liberté de création soit défendue.

Des idées que je retrouve dans ses engagements en faveur du développement d’une politique de résidence de création artistique, d’une offre de locaux pour ateliers d’artistes, de soutiens aux acteurs Villejuifois qui créent des événement culturels et artistiques dans la ville. Cela va dans le bons sens du changement politique et de politique culturelle que j’attends à Villejuif. Notamment quand on propose d’instituer une aide à la pratique culturelle et artistique des jeunes pour permettre l’accès du plus grand nombre à la culture. »

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