Franck Périllat: intervention au Conseil Municipal

Voici l’intervention de Monsieur Franck Périllat, Président du groupe communistes citoyens, front de gauche, au Conseil Municipal du 20 Avril 2020

Monsieur le Maire,

Mesdames et messieurs les élus

Mesdames et messieurs les agents communaux et concitoyens de Villejuif

Au nom du groupe communiste, citoyens et Front de gauche, je ne peux que déplorer qu’il ait fallu toute la pugnacité des élus que nous sommes, pour vous forcer à réunir un conseil municipal après des mois de silence radio de votre part. Comme si la crise extraordinaire que nous vivons n’avait aucun impact sur votre conception solitaire de l’exercice du mandat au moment où nous avons plus que besoin de collectif, d’intelligences mises en commun, d’esprit de rassemblement.

La situation d’exception ne signifie pas une situation de non droit !

Il est pour le moins normal que le Conseil municipal soit informé des dispositions prises et mises en œuvre pour répondre aux besoins de la population et notamment pour ceux que cette crise fragilise. Renvoyer les conseillers municipaux à la consultation du site internet de la ville ne peut suffire à faire vivre la démocratie dans ce moment si particulier où la cohésion et la transparence sont si importantes. C’est vrai notamment pour partager et faire vivre la solidarité, les réponses aux urgences et décider des mesures à prendre pour permettre à la population villejuifoise de traverser cette crise le moins mal possible.

Quelle relation établir avec le tissu villejuifois riche d’actions individuelles ou collectives, d’associations et de l’Economie Sociale et Solidaire ? Quel maillage pensé et mis en œuvre pour une véritable efficacité s’appuyant sur l’ingéniosité humaine ?

Tous, nous avons des échanges, avec des habitants qui nous font part de leurs besoins, de leurs initiatives. Tous, nous avons des idées à proposer et à enrichir. La situation de crise et d’urgence nécessite un débat large, ouvert et constructif, plutôt que d’initiatives personnelles, M. le maire, qui nourrissent votre communication individuelle.

Un mois après le début du confinement ; rien n’a été fait pour partager avec les Villejuifois et leurs élus les actions en cours pour faire face au défi auquel nous sommes confrontés.

Rien n’a été communiqué sur les coopérations possibles entre la commune et le département, la région, le territoire. Je vous le dis une nouvelle fois avec gravité : arrêtez d’isoler Villejuif et les Villejuifois à l’heure où il faut encore plus coopérer et dialoguer.

Oubliez votre habit de candidat de la droite dont vous n’arrivez pas à vous départir pour vous mettre au service de tous les Villejuifois avec le souci du service public, de l’intérêt général et de la mobilisation rassembleuse.

Monsieur le maire, nous voyons, comme d’habitude que vous travaillez seul, en monarque à l’opposé des besoins, de la richesse et du travail en réseau à organiser localement.

Il nous semble que vous n’avez pas pris la mesure des besoins, donc des réponses à apporter à l’ensemble de la population.

Des centaines de personnes fragilisées restent cloîtrées chez elles. Elles ne peuvent plus faire leurs courses ou aller chercher leurs médicaments. Quelles mesures avez-vous prises?

Des centaines de Villejuifois n’ont aujourd’hui plus rien pour vivre, pour se nourrir car frappés de plein fouet par cette crise qui devient de plus en plus une crise sociale. Certains ont d’ores et déjà perdu leurs emplois, d’autres, mis au chômage partiel, ont perdu 20% de leurs revenus.

Les demandes auprès des associations caritatives et d’entraide explosent. Vous proposez une subvention, par exemple au Secours Populaire Français (SPF), sans pour autant avoir échangé avec eux de leur besoins. Travail que nous avons réalisé avec le SPF pour connaître leurs besoins réels et qui nous permet aujourd’hui de vous proposer de voter une nouvelle subvention argumentée et non une subvention en dehors de toute réalité qui serait le choix du roi.

Pouvez-vous nous informer des dispositions prises pour doter en équipement de protection les agents du service public municipal qui agissent sur le terrain ? Pour les associations et les bénévoles qui organisent la solidarité concrète ?

Des enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté et qui mangeaient à la cantine le midi, souvent le seul repas équilibré, voir le seul repas de la journée, que mangent-ils aujourd’hui ? Ils sont 3 millions dans cette situation en France et au moins 300 à Villejuif.

Des familles entières qui vivent en HLM ou chez des bailleurs privés et qui ne pourront peut-être pas payer leurs loyers ou continuer à s’endetter, s’ils ne l’étaient déjà, risquent de se retrouver en situation d’expulsion à la fin de la crise. Ne faut-il pas prendre des mesures exceptionnelles pour empêcher ces drames ?

Les services municipaux n’ont-ils pas un rôle d’écoute et d’accompagnement particulier dans les situations de violences conjugales ou intrafamiliales générées par la promiscuité liée au confinement ?

D’autres collectivités ont fait d’autres choix pour répondre à ces urgences.

C’est le cas du département qui a mis en place dès le premier jour de crise une cellule pour mettre en place la réorganisation du service public départemental au service de chaque val-de-marnais avec le maintien en urgence et dans des conditions de sécurité les établissements de solidarité, les protections maternelles et infantiles, la mise en œuvre d’une cellule téléphonique, d’écoute et de prise en compte des besoins, l’engagement financier auprès des associations de secours pour tout de suite faire face à l’effondrement social d’un très grand nombre de nos concitoyens, l’arrêt de tous les chantiers non indispensables pour protéger les travailleurs, la distribution de 80 000 masques FFP2 aux premiers exposés des services publics y compris ceux de Villejuif et l’achat de 1,5 millions de masques lavables.

Je veux profiter de cette séance pour saluer le comportement exemplaire de la majorité départementale, de son président Christian Favier et des conseillers départementaux de Villejuif, Pierre Garzon et Flore Munck.

Il faut dire qu’à l’heure où des millions de français saluent le dévouement de nos fonctionnaires ; certains découvrent l’utilité du service public et d’autres comme vous tentent de faire oublier la responsabilité qui est la leur dans ce fiasco général, cette violence qui traverse notre société et qui va la désintégrer un peu plus avec la crise économique et sociale qui se joue simultanément.

Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire.En 2017 votre candidat à la campagne électorale portait la suppression de 500 000 fonctionnaires, dont ceux des hôpitaux, au nom des économies à faire sur le dos des citoyens et au profit des plus riches. Tout le monde a beau jeu de se rendre compte aujourd’hui de l’utilité des services publics et de tous ses invisibles qui permettent à notre société d’exister. Vous avez soutenu, toujours à la même époque, la suppression de l’ISF et autre prélèvement sur les richesses au service de la Nation. Certes votre candidat a échoué rattrapé par la patrouille, mais le président en place n’a pas fait moins bien en matière de démantèlement. Cela vous convenait tellement cette continuité idéologique que vous vous êtes empressé d’aller jurer allégeance aux représentants du gouvernement en place.

Alors, oui Monsieur le Bohellec, on ne peut pas éternellement se cacher derrière son petit doigt.

L’heure est au bilan, au débat, à la contradiction et vous ne pouvez pas vous échapper.

Et dire cela n’empêche en rien comme nous le faisons toujours de formuler des propositions, dans un esprit républicain. Notre souci est de faire face à l’urgence.

Par conséquent, nous proposons aux Villejuifois :

1) Que nous nous approchions de l’ensemble des associations caritatives qui agissent aujourd’hui sur le terrain et que nous déterminions avec eux les besoins financiers, techniques ou humains sur la base du volontariat que la municipalité pourrait mettre à leur disposition.

2) Que nous versions aux familles les plus en difficultés une dotation équivalent au repas ou des paniers repas, que de tout façon nous aurions subventionnés et que nous économisons aujourd’hui, pour les enfants qui mangeaient à la restauration scolaire.

3) Un plan d’urgence associant toutes les associations en action en ce moment, le département pour intervenir, auprès des personnes âgées, obligées de rester chez elles et très vulnérables, type plan canicule renforcé étendu aux personnes handicapées, aux personnes isolées et aux SDF. Afin de prendre toutes les dispositions matérielles ou autres, en sollicitant le personnel communal sur la base du volontariat pour répondre à leurs besoins.

4) Que nous intervenions auprès des bailleurs sociaux afin d’exiger un moratoire sur le paiement des loyers de mars, avril et mai si nécessaire et des expulsions pour l’année 2020 comme l’a écrit aux bailleurs le Président Favier.

5) L’embauche dans les plus brefs délais d’un médecin radiologue au centre de santé Pierre Rouquès afin de rouvrir le service de radiologie fermé depuis la fin janvier et qui serait bien nécessaire pour aider au diagnostic des gens qui souffrent de problèmes pulmonaires qui pourraient être générés par le COVID-19.

6) Un arrêté interdisant les chantiers sur la ville (sauf urgence) pour protéger les travailleurs et les riverains.

Évidemment, nous soutenons complètement l’exigence portée par Sophie Taillé-Polian d’une commission permanente permettant la transparence et l’efficacité des décisions.

Voilà Monsieur le maire, mes chers collègues les propositions que je vous fais au nom du groupe communistes, citoyens, front de gauche.

Franck Périllat-Bottonet,

Président de groupe

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